On remarquera aussi que les équipiers de l’Américain n’ont pas été globalement performants de leur côté puisqu’ils en ont transformé seulement 14 sur 30. Le bonnet d’âne revenant à Moustapha Fall, 1 sur 7. C’est d’ailleurs depuis le début de sa carrière le talon d’Achille du pivot chalonnais qui épate la Pro A depuis la rentrée ; cette saison, il tourne à un médiocre 47,9%. L’Elan n’a donc pas profité pleinement de cet avantage quantitatif sachant que Monaco a dû se contenter de 17 tentatives.
Mais la principale responsabilité de l’échec des Chalonnais (72-82) est à chercher ailleurs : dans la valeur de cette équipe de Monaco et sa capacité défensive de chaque instant. La Roca Team a ainsi complètement annihilé, en le privant d’espace, l’Américain Cameron Clark. Ses chiffres valent mieux qu’un long discours : 7 points à 1/7, zéro d’évaluation, lui qui en est –avec ce match- à 17,9 en moyenne ! Postulant au trophée de MVP, le natif de Phoenix qui avait l’air paumé sur le terrain, a peut-être montré ses limites hier soir.
Moustapha Fall a fait le job
« Soyons honnêtes, Monaco mérite sans contestation son succès », a commenté le coach Jean-Denys Choulet au JSL. « Mais le tournant, c’est aussi cette deuxième faute sifflée à Mous (Fall) après cinq minutes de jeu. On ne pouvait pas gagner non plus contre Monaco en tirant à 8 % à 3 points sur notre cinq de départ (ndlr : 1/12). Je suis déçu, mais il faut rester conscient que certains cadres ont connu des défaillances inhabituelles. »
La sortie prématurée de son pivot a effectivement coûté cher à l’Elan qui ne s’est jamais remis de son départ poussif (15-21 après 10 minutes puis 35-45 à la mi-temps), mais Moustapha Fall a au final joué 30 minutes, a été dominateur sous le cercle du haut de ses 2,18m (13 pts, 6/8 aux shoots, 16 rebonds, 4 interceptions, 1 contre) et pourtant Monaco n’a jamais été en danger.
Les extérieurs monégasques ont été comme à chaque fois impressionnants. Et si c’est l’hyper actif Zack Wright (11 pts, 9 pds, 4 rbs) qui a été élu MVP, la distinction aurait tout aussi bien pu revenir à Dee Bost, Amara Sy ou Sergii Gladyr, sachant que Jamal Schuler (3/12 aux shoots) était pour une fois en-dedans.
Sans puiser réellement dans ses ressources, l’AS Monaco est allé s’imposer chez son dauphin. En ce début mars, personne n’imagine qu’elle ne sera pas championne de France…
Photo: Jamal Schuler (FIBA Europe)