"Etranger"

BCL: Du lourd pour Villeurbanne, le vainqueur du Mans pour Monaco

Après une très longue mise à feu, voici enfin les quarts de finale de la Champions League avec un format (match aller-retour, et c’est le point-average qui fait la décision) qui doit permettre à un plus large public de s’y intéresser. Les quatre vainqueurs disputeront un Final Four comme en EuroLeague avec des matches couperet. En cas de qualification, Villeurbanne se portera probablement candidate à son organisation.

L’ASVEL devra tout d’abord passer par-dessus un obstacle espagnol de taille constitué par Tenerife actuellement leader du championnat espagnol devant toutes les équipes d’Euroleague avec 17 victoires et 5 défaites. Strasbourg était parvenu en poule à s’imposer aux Canaries (70-66) mais avait dû s’incliner au retour (72-75).

L’ASVEL retrouvera notamment son ancien Américain Tim Abromaitis (9,2 pts à 47,8% à trois-points). Une occasion aussi de revoir à l’œuvre le Franco-Américain Tariq Kirksay (1,99m, 37 ans) revenu il y a quelques semaines en Espagne après un séjour en Angola.

Au tour précédent, les Espagnols ont été vaincus en Grèce par le PAOK Salonique (-23)  mais ont été sans pitié au retour (+26).

Le tombeur du Mans

Quant aux Monégasques, ils tombent sur Sassari qui vient d’éliminer Le Mans. Un tirage au sort plus clément. Les Italiens sont réputés pour leur capacité à prendre feu à trois-points (37,9% de réussite dans ce secteur). Mais c’est sa longueur de banc –comme celle de Monaco- qui est un atout majeur pour l’équipe italienne avec neuf joueurs dont l’évaluation est supérieure à 8,9.

Les deux équipes françaises devront se déplacer chez leurs adversaires pour le match retour, ce qui peut être considéré comme un léger désavantage. Même s’il y a plein de contre-exemples.

Les quarts de finale :

(aller : 21/22 mars, retour : 28/29 mars)

ASVEL Lyon-Villeurbanne (France) – Iberostar Tenerife (Espagne)

Pinar Karsiyaka (Turquie) – UR Venise (Italie)

Banvit (Turquie) – MHP Riesen (Allemagne)

AS Monaco (France) – Dinamo Sassari (Italie)

Final Four :

28/30 avril

 

Photo : BCL

Nando De Colo : « Je joue mon meilleur basket au CSKA »

Auteur de 22 points, 4 interceptions, 3 rebonds et 2 passes hier soir dans la facile victoire du CSKA face à Galatasaray, Nando De Colo est encore en train d’améliorer ses stats par rapport à la saison passée… au terme de laquelle, faut-il le rappeler, il a été élu MVP, avec le titre au bout. Plus un autre trophée de MVP, du Final Four cette fois-ci. Lire la suite »

Turquie : Randy Culpepper et Balikesir se séparent

Arrivé à Balikesir en octobre après avoir disputé la Summer League NBA avec les Memphis Grizzlies en juillet, Randy Culpepper vient d’être libéré par le club turc qui l’annonce sur Twitter. Lire la suite »

Quelle est la valeur du 10/11 à trois-points de John Roberson ?

A quel niveau d’exploit se situent les 10 paniers réussis au-delà de la ligne à trois-points, sur 11 tentatives, de John Roberson, le meneur de l’Elan Chalon, hier à Zagreb face au Cibona ? C’est la question.

Ce qui est certain, c’est que personne n’avait atteint jusqu’ici cette marque en FIBA Europe. Cinq joueurs en avaient précédemment inscrits huit, avec plus ou moins de tentatives.

Peut-on comparer cette performance avec d’autres réussies dans diverses compétitions ? Non. Déjà, il faudrait faire une recherche de longue haleine et forcément incomplète pour recenser toutes les statistiques dans ce domaine à travers les générations. De plus, si les sauteurs en longueur ont les mêmes contraintes pour accomplir leurs sauts –encore qu’à l’époque de Jesse Owens et de la cendrée, c’était une autre paire de manches-, la précision d’un shooteur dépend fortement de la défense adverse et aussi de la distance qui n’est pas la même d’une compétition à une autre et qui a subi des variations avec le temps.

Aussi, pas de doutes, en marquer neuf dans un match en NBA, où la ligne est à 7,23m, comme Ben Gordon deux fois, et Latrell Sprewell une fois, c’est autrement plus ardu que de déjouer la défense du Cibona avec une ligne à 6,75m.

Et puis, quel paramètre privilégier ? Le sans-faute ou le pourcentage de réussite ? Que vaut un 9/9 comparé au 13/17 de Stephen Curry, le 7 novembre dernier face aux New Orleans Pelicans, et qui constitue le record de trois-points inscrits dans un match. Ou encore aux 9 trois-points inscris par son équipier Klay Thompson un peu auparavant… en un seul quart-temps.

Dans un tout autre contexte, Mohammad El-Akkari en a empilé 32 (sur 59 tentés) dans un match de Division A libanaise où il scora 113 points. Ce record a une valeur toute relative.

Dans les performances les plus remarquables, on note la présence de l’ancien Manceau Chris Lofton, en 2009, alors sous le maillot de Mersin, avec 17 trois-points réussis dans le même match. C’était dans le championnat turc assurément plus sérieux.

9/9 pour Darnell Harris (Orléans) en 2015

A ne pas douter, ne pas connaître un seul échec frappe encore plus l’imagination.

9/9, c’est le score atteint en Euroleague par le Lituanien Saulius Stombergas (Vitoria) face à l’AEK Athènes en avril 2001, à une époque où les défenses grecques étaient comme des mâchoires géantes qui broyaient les shooteurs. Chapeau !

9/9, c’est aussi le total atteint par Darnell Harris le meneur d’Orléans face à Limoges, le 25 avril 2015. Le record en Pro A.

Mais encore une fois, un jeune blanc-bec en Lettonie a peut-être fait mieux. Ou comment ne pas croire que le Brésilien Oscar Schmidt, le plus grand shooteur de tous les temps –si, si-, qui a marqué 49 733 points dans sa carrière professionnelle, n’ait pas fait un soir un carton plein au-delà de la fameuse ligne qui donne un point en bonus ?

Au final, peu importe que l’on ne parvienne pas à situer exactement la performance de John Roberson dans le Livre d’or du basket, ce qui est certain c’est que hier soir, il a bel et bien inscrit son nom dedans. Surtout qu’avec un total de 39 points, il a aussi amélioré le record de FIBA Europe Cup du pivot croate du Benfica Lisbonne Iviva Radic, qui s’était arrêté à 38 la saison dernière contre Sopron.

 

Turquie : Pooh Jeter dans le viseur du Besiktas

Champion de France avec le Limoges CSP en 2015, Pooh Jeter qui était cette saison en Chine serait en discussion avec le Besiktas, comme le rapporte Eurohoops. Lire la suite »

Turquie : Errick McCollum de retour au Galatasaray

Comme pressenti, sa saison en Chine terminée, Errick McCollum fait son retour au Galatasaray qui pointe actuellement à la 6e place du classement de BSL (12v-8d). Lire la suite »

Dusko Vujosevic prochain sélectionneur de la Bosnie-Herzégovine ?

Actuel entraîneur du Limoges CSP, Dusko Vujosevic devrait sans grande surprise faire ses valises à la fin de la saison.  Lire la suite »

BCL : Monaco se qualifie pour les quarts de finale

Défaits d’un point au match aller (69-68) des huitièmes de finale de Champions League par les Grecs de l’AEK Athènes, les Monégasques avaient à cœur de se ressaisir ce mercredi soir devant leurs supporters.
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Vidéo – Les paniers à trois-points d’Alexia Chartereau (Bourges) contre Koursk

Voici les quatre paniers à trois-points réussis (sur 8 tentés) hier par Alexia Chartereau lors de la défaite (71-76) de Bourges à Koursk en quart de finale aller de l’Euroleague.

Ce n’est pas du tout un moment de grâce puisque la MVP du dernier Euro juniors en est dans la compétition à 16/36 soit 44,4% de réussite.

La Berruyère est une power-forward d’1,89m et 18 ans.

 

Non, la Liga espagnole n’offre pas plus de temps de jeu que la France à ses jeunes

 

Textes et infographies: Laurent RULLIER

 

« Comment voulez-vous que les jeunes puissent intégrer l’équipe de France s’ils ne jouent pas en club. Nous devrions nous inspirer du basket espagnol qui a limité le nombre d’Américains pour laisser la place à leurs jeunes. »

La réflexion ne vient pas d’un décideur ou d’un commentateur du basket français, mais de Bernard Laporte, l’actuel président de la FFR qui officiait à l’époque sur l’antenne de RMC.

Ainsi, la réputation de la Liga Endesa préservant l’avenir national de son sport est telle qu’elle déborde des limites du parquet pour servir d’exemple aux autres sports. Car ils sont nombreux dans les vestiaires de nos gymnases, les tribunes de nos salles, les bureaux de nos clubs et même devant les micros des médias qui sont persuadés que le championnat espagnol est une véritable serre où s’épanouissent les jeunes pousses endémiques. A l’inverse, bien sûr, de notre sinistre Pro A et ses coachs conservateurs qui n’offrent aucune place à la jeunesse tricolore.

Et pourtant, quand on regarde sur Bein les matchs d’Euroleague du Real, du Barça ou de Vitoria, les commentateurs ont rarement l’occasion de prononcer des noms à consonance ibérique. « La Pro A est un désert pour notre jeunesse » et « La Liga, terre fertile de la jeunesse locale » sont-elles des réalités ? Ou des mythes devenus idées reçues ? Regardons de plus près.

Les chiffres, rien que les chiffres, ceux des rosters au 15 février 2017, (quelques changements ont pu être effectués depuis). Mais d’abord qu’est qu’un « jeune joueur » ? On est jeune jusqu’à quand au basket ? Un peu arbitrairement, nous considérons l’âge limite à 22 ans, deux ans pour se faire les dents après la sortie de la catégorie « espoir ». Nos jeunes ont donc 22 ans ou moins.

« On s’aperçoit qu’en Pro A, 48 % des postes sont occupés par des nationaux, 32,2 % en Espagne »

Les Américains à l’origine de l’idée reçue

217 joueurs sont répartis dans les 17 clubs espagnols, 201 dans les 18 de la Pro A et ce qui saute immédiatement aux yeux, c’est la présence américaine. Les joueurs d’origine états-unienne représentent 36,3 % des effectifs de la Pro A contre 16,5 % en Liga.

73 en France, 36 de l’autre côté des Pyrénées. Le double d’US en France qu’en Espagne. Inutile d’aller voir plus loin, voilà l’explication : les joueurs d’outre-Atlantique mangent le temps de jeu de nos Français en général et de nos jeunes en particulier. Mais on s’aperçoit qu’en Pro A, 48 % des postes sont occupés par des nationaux, 32,2 % en Espagne. Il n’y a pas d’erreur de calcul, seulement des Africains, des Sud-Américains et surtout des Serbes, des Suédois, des Lituaniens, des Bosniens… et ils sont nombreux, très nombreux en Espagne. 96 pour être précis, dont 18 de 22 ans ou moins. Les chiffres de la Pro A sont en bleu, ceux de Liga Endesa en rouge.

(NDLR : Ne sont comptabilisés que ceux qui ont joué au moins une fois, une minute.)

Il faut ajouter à cela que le joueur espagnol type a 4 ans et demi de plus que son homologue français. Plus que d’offrir des places aux jeunes, la Liga prend soin de ses vieux.

 

 

« 17% des Français jouent plus de 15 minutes pour 11% des Espagnols »

Sur la feuille de match mais pas forcément sur le parquet

Qu’un joueur de Pro A sur deux soit Français ne signifie pas pour autant que le temps de jeu soit équitablement réparti. Loin de là. Les 41 basketteurs de 22 ans ou moins de Pro A ne sont souvent là que pour faire le nombre à moindre frais.

19 d’entre eux n’ont pu faire crisser leurs sneakers sur le parquet qu’à cinq reprises ou moins et parmi eux, 18 y ont passé moins de cinq minutes en moyenne. En Espagne, ils sont 7 dans ce cas. Proportionnellement les Français sont plus scotchés sur le banc, mais côté chronomètre, 17% des Français jouent plus de 15 minutes pour 11% des Espagnols. Par contre 38 % des jeunes étrangers de Liga entre dans cette catégorie.

Les clubs espagnols ont en effet pris l’habitude de recruter très tôt parmi les plus beaux prospects dans toute l’Europe. Ceux-ci sont souvent considérés comme plus forts que les locaux et passent devant leurs homologues espagnols dans la rotation. En France le seul étranger de cette génération est le meneur américain de Dijon Isiaih Miles qui n’a bien sûr pas été recruté dans un but de formation, mais pour être rentable de suite.

Á propos des Américains de France, on peut également mettre à mal une autre légende de vestiaire. Ce sont rarement des gamins tout droit sortis de NCAA. La moyenne d’âge de nos US étant de 28,5 ans, nous avons davantage à faire à des basketteurs matures.

« Le « bon jeune » Français joue en moyenne 22 minutes pour une évaluation de 8,4 pour 17,5 minutes et 5,7 d’éval de son collègue ibère »

Désolé Freddy, mais tu as tort !

« Je vois des matchs à Vitoria, San Sebastian, Bilbao, c’est la deuxième ligue mondiale, physiquement, c’est stratosphérique, mais il y a des jeunes Espagnols de 18-19 ans sur le terrain » déclarait l’ancienne icône d’Orthez Freddy Hufnagel dans le numéro de décembre de la revue « Basket ».

En fait, à Vitoria cette année, le plus jeune joueur de l’effectif, toutes nationalités confondues, est le naturalisé Ilimane Diop, 21 ans. Les deux seuls autres joueurs espagnols sont âgé de 24 et 32 ans. Bilbao compte également trois Espagnols dans le roster :  Alex Mumbru, 37 ans, Raul Lopez, 36 ans et Alex Suarez, 23 ans qui n’a joué que sept matchs avec une moyenne de temps de jeu de 6 minutes. Et enfin San Sebastien qui évolue en LEB oro, dispose de 5 natifs dans son effectif, deux sont âgés de 21 ans et les 3 autres ont dépassé la trentaine. Peut-être parles-tu Freddy de matchs vus dans le passé, mais cela ne correspond pas du tout à la réalité d’aujourd’hui.

Si on fait un top five des jeunes passant le plus de temps sur le parquet, on s’aperçoit que le « bon jeune » Français joue en moyenne 22 minutes pour une évaluation de 8,4 pour 17,5 minutes et 5,7 d’éval de son collègue ibère. Par contre le « bon jeune étranger » de la Liga a droit à 21 minutes et 8 d’évaluation.

« L’Espagne pourra sans doute se reposer sur ces cadres qui évoluent… en NBA »

L’Espagne forme l’Europe

Certes, la Liga étant d’un niveau supérieur à la Pro A, il est plus difficile pour un jeune joueur d’y briller. Mais en quoi cela peut-il apporter une nuance à l’alternative fact : « en Espagne, on fait jouer les jeunes Espagnols » ? On les met sur le parquet ou pas ? La réponse est non. En tout cas, moins qu’en France. On peut également détourner le postulat par « en Espagne on fait jouer les jeunes, peu importe leur nationalité ». D’accord, mais quand on va chercher la crème de la crème de l’Europe entière, il n’est pas étonnant de voir sur le terrain des gamins bourrés de talent.

Pensez-vous sérieusement qu’un Jean-Denys Choulet, un Vincent Collet ou un Freddy Fauthoux laisseraient scotché sur le banc un Luka Doncic ou un Nikola Radicevic ? L’affirmer tiendrait du procès d’intention malveillant.

Maintenant on peut se poser la question de qu’est-ce qui est important, « faire jouer les jeunes, sans se préoccuper de leur nationalité », ou « faire jouer les jeunes nationaux » ? Et bien tout dépend du contexte. Si on la met dans le questionnement sur l’avenir de l’équipe nationale, c’est évidemment les jeunes nationaux qui sont pertinents. Car si l’Espagne forme la jeunesse, elle la forme pour les sélections suédoise, belge ou bosniaque et on peut lui être redevable de faire preuve d’un tel élan de solidarité vis à vis de l’Europe… par contre on peut se poser des questions sur les successeurs des Pibes de oro. Ne nous inquiétons pas trop, elle pourra sans doute se reposer sur ces cadres qui évoluent… en NBA. Comme nous­ !

Photo : Fédération Espagnole de Basket.