"Livenews"

Freddy Fauthoux sur son retour à Limoges : « Je ne m’attends pas à recevoir des fleurs »

Dans la liste des têtes de Turc de Beaublanc, Freddy Fauthoux figure au premier rang, en compagnie d’autres Palois, l’ancien président Pierre Seillant, les frères Didier et Thierry Gadou et l’ancien coach Claude Bergeaud.

Demain, le Landais retourne dans l’œil du cyclone non pas sous les couleurs du Béarn mais comme coach du Paris-Levallois. Il a répondu avec un mélange d’humour et de provocation aux questions du Populaire.

« Peut-être qu’ils ne vont pas me reconnaître. (rire) Mais je ne m’attends pas à recevoir des fleurs… L’accueil devrait être un peu le même que par le passé… », estime t-il avec lucidité.

Ce sont davantage ses propres joueurs qui risquent d’être surpris par la réaction du public limougeaud à son égard. Quand on lui demande si ceux-ci connaissent son histoire vis à vis du CSP, il répond dans un clin d’œil :

« Il la connaissent mais ne la mesurent pas. (rire) Il n’y a que Lesca (NDLR: Rémi Lesca est Landais comme lui) qui sait… On n’en a pas encore parlé ensemble (l’interview a eu lieu jeudi). Les semaines sont déjà longues pour nous qui jouons qu’une fois par semaine, alors si on se chauffe dès le jeudi pour un match le lundi… »

On a vu plusieurs joueurs passé d’un camp à l’autre, mais Freddy Fauthoux, est-ce possible ?

« Pas du tout. Je suis très bien où je suis. Au tout début, j’aurais voulu être sur le banc de Pau, j’avais même déposé ma candidature, mais on m’a expliqué que ce n’était pas possible. Aujourd’hui, je découvre un nouvel environnement où je me sens bien. Pourquoi changer ? Après, peut-être qu’un jour, j’irais à Limoges. Mais ce sera vraiment si je n’ai plus rien depuis un moment. (rire) »

Les supporters inconditionnels du CSP seront rassurés. Et… Vivement demain ! L’adrénaline de l’ancien meneur de l’Elan Béarnais va atteindre le même taux que dans les années quatre-vingt et quatre vingt-dix. Et celui des supporters limougeauds aussi.

Photo: Paris-Levallois

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Le Mans-Villeurbanne : L’affrontement va se poursuivre à distance

Ainsi donc, la série continue. L’ASVEL a échoué pour la 11e fois de suite à Antarès face à son rival séculaire. Sa dernière victoire remonte au 20 mars 2010. Une éternité.

Le Mans peut encore croire à une 21e participation consécutive aux playoffs mais Alexandre Ménard, son coach, reconnaît que son équipe est encore fragile et que pour sortir victorieuse de l’affrontement (82-74), elle a bénéficié de circonstances favorables. Le remplacement de Trent Meacham par Casper Ware est récent et surtout la grave blessure du pivot Adrian Uter a déséquilibré le jeu intérieur villeurbannais ; son substitut David Andersen arrivera demain.

« Et je crois savoir qu’ils vont peut-être faire encore quelques réajustements. Il faut rester humble dans la victoire, ne pas se gargariser, même si mine de rien on vient de battre le champion de France en titre et le deuxième actuel du championnat (NDLR : Chalon, en Coupe de France), ce n’est pas si mal que ça. »

De plus, l’ASVEL était hier en transit entre les deux manches de quarts-de-finale de Champions League face à Tenerife qui lui mangent forces physiques et mentales. A l’inverse, le MSB était littéralement dos au mur et n’avait pas d’autre alternative que de s’imposer pour toujours croire en son destin national.

Les Manceaux se sont montrés d’emblée dynamiques, agressifs à l’image de l’investissement défensif de Ryan Pearson (18 points à 6/10) et de l’abatage de Philippe Amagou (10 points sur ses 12 premières minutes). On retrouvait la fameuse défense de plomb mancelle qui paraissait depuis quelque temps relevant de l’abstrait. Et de l’autre côté les Villeurbannais étaient incapables de trouver le bon rythme donc les bons shoots.

Un premier écart significatif était constaté après neuf minutes (22-13), lequel était confirmé après deux quart-temps (36-24). Seul Darryl Watkins (8 pts et 6 rbds) faisait le job du côté des champions de France où l’adresse à trois-points était catastrophique (1/11) tout comme les évaluations individuelles (7 joueurs entre -1 et 2 !).

 

« A l’arrivée ça fait plusieurs matches que l’on prend un peu cher par le corps arbitral »

 

Le ressentiment de Charles Kahudi

« On a eu énormément de changements ces derniers temps. Le peu d’entraînement que l’on a fait a été frustre. Beaucoup de choses ont changé dans les rotations. J’ai essayé de mettre une approche du match simple. On a tenu deux, trois minutes de qualité et après c’est parti dans le n’importe quoi durant vingt bonnes minutes », reconnaissait le coach JD Jackson.

De son côté, s’il faisait son mea culpa, l’ancien Manceau Charles Kahudi (2 points à 1/7 et -4 d’évaluation) avait la dent dure contre l’arbitrage.

« On nous siffle tous les petits contacts. C’est chiant. On est supposé être deux équipes défensives, intensives, mais à l’arrivée ça fait plusieurs matches où l’on prend un peu cher par le corps arbitral. Tout le monde fait des erreurs, eux aussi. Tout le monde doit se remettre en question, nous comme joueurs et eux en tant qu’arbitres. La Pro A, on sait que c’est très athlétique et qu’en Coupe d’Europe c’est beaucoup plus physique, plus dur. Forcément sur les picks, ça fait beaucoup plus mal, il y a beaucoup plus de contacts. On arrive en championnat, on nous siffle de petits contacts alors qu’on se fait dézinguer de l’autre côté. On ne va pas se plaindre, c’est comme ça, on doit faire avec. C’est juste frustrant. A nous d’être intelligent et de ne pas sortir de nos matches, moi le premier. Je m’en suis pris à l’arbitre, j’ai fait un sale match et je n’ai pas aidé mon équipe ce soir. »

 

« Personne ne peut se reposer sur ses lauriers car chacun sait qu’il y a maintenant du monde sur le banc qui peut entrer à tout moment »

 

Shannon Shorter, Monsieur Plus

Sur quatre lancers successifs de Philippe Amagou et un dunk de Petr Cornélie servi dans un timing parfait par le nouvel Américain Shannon Shorter, Le Mans posséda à la 27e minute jusqu’à 21 points de marge (53-32), ce qui est énorme dans un match jugé en amont comme étant crucial pour les deux équipes.

Autant Shannon Shorter (14 points à 5/10) avait complètement raté ses débuts à Pau, autant hier soir il a démontré pourquoi et comment il est devenu le top-scoreur du championnat turc. L’Américain, qui peut jouer en 1, 2 et 3, n’as pas froid aux yeux et son tir qui part d’au-dessus de la tête est sec et précis. Alexandre Ménard loue son investissement général, racontant que le staff lui avait envoyé le playbook de l’équipe par email et qu’à son arrivée en Sarthe, il connaissait déjà pratiquement tous les systèmes. Depuis, chaque jour il arrive à la salle le premier pour faire de la muscu –il n’est pas très grand (1,93m) mais possède un torse de buffle (96kg)- et du rab de shoot.

« L’arrivée d’un nouveau joueur amène de l’émulation et de l’envie à chacun de prouver. Personne ne peut se reposer sur ses lauriers car chacun sait qu’il y a maintenant du monde sur le banc qui peut entrer à tout moment. C’est le premier effet bénéfique de l’arrivée de Shannon. Et puis il a montré qu’il n’était pas le meilleur marqueur en Turquie pour rien. Le choix du club d’avoir pris ce joueur a été payant. Il a mis des paniers à un moment clés qui nous a conservé la tête sous l’eau. Le ballon brûlant, il a bien voulu le prendre en main et le mettre dans le trou et c’est ce qu’on lui demande. »

 

« A la fin, on se fait peur parce qu’on n’a pas beaucoup gagné ces derniers temps. On a la boule eu ventre »

 

Ryan Pearson assure en fin de match

Le MSB va ensuite connaître un moment de faiblesse conjuguée à une violente réaction de l’ASVEL emmenée par un Walter Hodge (20 points à 8/9) de nouveau digne de son statut. Peut-être le syndrome de la peur de perdre… Mais comme souvent dans le cas de ces come back tardifs, c’est trop peu, trop tard.

« La seule chose que l’on retient (de positif), c’est que l’on a trouvé la carburation sur la fin à partir du moment où l’on joue avec rythme et envie. On arrête de cogiter et on joue au basket », notait JD Jackson, ajoutant aussi vite : « mais c’est frustrant. Les joueurs veulent mais ce n’est pas ce que l’on voit sur le terrain. Il y a des hésitations, de la confusion et surtout du doute. Il a fallu trois quarts-temps avant de prendre un peu de confiance, que l’on retrouve notre basket. »

Alexandre Ménard enchaînait pour expliquer le ressenti dans l’autre camp :

 « Les garçons se sont un peu relâchés. On a contrôlé ce match pendant trente cinq minutes en étant encore à plus dix-huit, ce qui est plutôt pas mal. A la fin, on se fait peur parce qu’on n’a pas beaucoup gagné ces derniers temps. On a la boule eu ventre. J’aurais aussi peut-être pu jouer à la fin avec trois guards pour s’éviter quelques frayeurs mais les gars sont restés dedans et on a trouvé les ressources pour finir ce match avec quelques paniers bien sentis de Ryan (Pearson) qui nous ont fait du bien. »

 

« En championnat car l’urgence commence à être vraiment réelle »

 

A la vie, à la mort

Les Villeurbannais n’ont pas le temps de cogiter. Ils seront mercredi à Tenerife avec comme seul objectif une victoire puisqu’ils ont dû se contenter d’un nul à l’Astroballe (62-62).

« C’est très frustrant et il faut passer à la suite. On a un match ultra important cette semaine avec des rotations en moins puisque Casper (Ware) ne va pas pouvoir jouer. Il faudra construire sur ce que l’on a vu à la fin de ce match. Et puis enchaîner en championnat car l’urgence commence à être vraiment réelle », confirme JD Jackson.

De fait, si ni l’ASVEL ni Le Mans -dont l’effectif est devenu si étoffé que Petr Cornelie fut hier au temps de jeu son 10e homme- n’ont une tête de cancre, l’un et l’autre pourraient être privés de playoffs. Les Villeurbannais possèdent toujours une victoire d’avance mais le point-average particulier leur est défavorable. De plus, Limoges et Le Portel sont toujours en course sachant que le succès surprise de Gravelines à Nanterre n’a arrangé personne.

Photo: Walter Hodge (FIBA Europe)

 

 

 

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