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SIG Strasbourg : La réussite digitale (2)

Au-delà de sa récente réussite sportive depuis l’arrivée de Vincent Collet à la tête de l’équipe, la SIG s’est considérablement étoffée dans le domaine du digital sous la présidence de Martial Bellon. L’efficacité de son site et de ses réseaux sociaux est devenue exemplaire.

Le première partie du dossier est ici.

Sigstrasbourg.fr a pour double objectif de bénéficier à l’image du club et aussi d’accroître les ressources financières. Une boutique en ligne avec la vente de produits dérivés doit apparaître sur le site sous deux ou trois semaines, mais trop peu de commandes sont à prévoir pour entraîner d’importantes rentrées d’argent.

En revanche, le site et les réseaux sociaux contribuent au boom du ticketing et des abonnements. C’est le digital qui a permis à la SIG de comptabiliser 1 600 abonnés particuliers alors qu’elle venait d’échouer une quatrième fois de suite en finale des playoffs, que Vincent Collet avait déposé temporairement sa casquette de capitaine et que les premières semaines de l’actuelle saison avec le Finlandais Henrik Detmann à la barre furent calamiteuses. Aujourd’hui, plus de 80% de la billeterie sont assurés par le biais du site.

« Il y a trois ou quatre ans, on vendait encore minimum cinq à six cents billets les soirs de match. Aujourd’hui, c’est 150-200, » confirme Aymeric Jeanneau. « En allant sur le site, on peut s’asseoir virtuellement à sa place, tourner son téléphone pour voir la salle en 3D de gauche à droite. Il faut créer des produits qui donnent envie d’acheter. »

A l’époque où Ricardo Greer et David Andersen étaient Strasbourgeois, des connections venaient de République Dominicaine et d’Australie. Des internautes chinois suivent la SIG. Lorsque Frank Ntilikina a eu droit au New York Times et que le site a publié l’article, cela a créé du buzz au niveau international mais il est retombé un peu en attendant les jours qui vont précéder la draft. Au-delà de l’anecdote, il est acquis que le rayonnement de la SIG va au-delà de la frontière de l’Alsace puisque les habitants du Bas-Rhin et du Haut-Rhin ne représentent que 25 des 45 000 fans sur facebook.

 

« On peut faire 9-10 millions avec l’économie strasbourgeoise mais pour passer à 12-15 dans 10 ou 15 ans, il faudra sortir de l’Alsace »,

 

La SIG a à sa disposition un vivier énorme encore peu exploité avec la concentration urbaine qui existe de l’autre côté de la frontière, de Karlsruhe, en Allemagne, à la Suisse. Il faut savoir qu’une ligne de tram existe désormais entre Strasbourg et Offenbourg, la ville allemande qui se trouve juste de l’autre côté du Rhin. Et que deux journalistes allemands sont accrédités en permanence au Rhenus pour suivre les matches de la SIG. Et si les Alsaciens parlent souvent l’allemand, les frontaliers de l’autre bord se débrouillent généralement en français.

Lorsque, en avril dernier, la SIG s’est retrouvée face à Galatasaray en finale de l’Eurocup, elle a reçu 20 000 demandes mais le club a estimé à 25-28 000 le nombre de spectateurs potentiels, ce qui a priori constitue une sorte de record national pour un match de basket en France entre deux équipes de club. Nombre des candidatures provenaient d’Allemagne mais la présence d’une forte communauté turque dans ce pays fausse quelque peu l’analyse.

« Des Allemands viennent au match mais je ne suis pas sûr qu’il y en ait beaucoup sur les réseaux sociaux, même si on peut lire quelques posts », constate Aymeric Jeanneau. « Strasbourg, c’est quand même la capitale européenne et c’est une ville à 180°. A une heure et demie de Strasbourg, c’est 6 millions d’habitants. C’est l’une des plus grandes zones de chalandise d’Europe. La Suisse n’est pas loin non plus et il y a là-bas des entreprises, de l’argent. On n’est pas encore prêt pour faire une version en allemand du site. La traduction Google, c’est moyen. On a envie de travailler ça mais on ne peut pas aller plus vite que ce que l’on fait aujourd’hui. Il faut se staffer. »

Si la SIG à l’oreille de Jordi Bertomeu, le patron de l’Euroleague, c’est que la réfection du Rhenus qui doit entraîner l’édification d’une véritable arena aux normes du XXIe siècle, avec une capacité de 8 puis 10 000 places et 4 000m2 de surfaces commerciales, c’est du sérieux. Il lui faut trouver une entreprise qui accepte de donner son nom moyennant finances et le projet pourra être concrétisé en 2020 sinon 2021.

« On peut faire 9-10 millions avec l’économie strasbourgeoise mais pour passer à 12-15 dans 10 ou 15 ans, il faudra sortir de l’Alsace », estime Aymeric Jeanneau. « Sur nos dix derniers matches, on fait guichets fermés. On ne fait pas de pub en ville ou ailleurs, c’est donc le digital qui permet ça. C’est évident que l’on doit être encore plus performant dans ce domaine. Nos objectifs sont de développer la vente de billets. Lorsque l’on fait des vidéos, ça donne envie aux gens de venir. Bien sûr que l’on veut faire encore plus d’audience sur différents vecteurs digitaux, ce sont des carrefours d’audience pour nos annonceurs. Je n’ai pas mis d’objectifs en disant il nous faut 80 000 fans Facebook l’année prochaine mais par contre toute l’équipe est motivée là-dedans. »

 

Site Internet

100 000 visites par mois

Dont 40 000 visiteurs uniques et environ 200 000 pages vues. Le site a connu des pics spectaculaires lors des précédentes saisons en playoffs et avec la finale de l’Eurocup 2016. Ainsi, en avril 2016, mois de la demi-finale et de la finale de l’Eurocup, il a enregistré 263 550 visites, 110 000 visiteurs uniques, 574 827 pages vues…

 

Facebook 

 44 868 fans

Soit 3 908 fans de plus depuis le début de la saison. La SIG est ainsi troisième en France derrière Limoges (74 033) et l’ASVEL (62 261).

 

Twitter

35 097 abonnés 

Soit 16 102 abonnés de plus depuis le début de la saison. La SIG se rapproche de Limoges qui est n°1 avec 37 470 abonnés et garde à distance l’ASVEL qui compte 15 402 abonnés.

 

Instagram

 10 770 abonnés

Ce chiffre permet à la SIG d’être le club de ProA le plus suivi sur ce réseau social. Elle recense 2 770 abonnés de plus depuis le début de la saison.

 

Youtube

 806 abonnés

Le club occupe la troisième place du podium des clubs de ProA, derrière Limoges et ses 2 027 abonnés et Cholet qui en compte 845.

 

 Quelques chiffres

Les derniers mois ont permis à la SIG Strasbourg de battre de nouveaux records historiques du club :

72 

Le nombre de matches joués la saison dernière (34 en saison régulière de Pro A, 10 en play-off, 24 en Coupes européennes, 2 en Leaders’Cup, 1 en Coupe de France, 1 au Trophée des Champions). Seuls trois joueurs les ont tous joués : Rodrigue Beaubois, Bangaly Fofana et Jérémy Leloup. Le précédent record datait de la saison précédente (70 matches). En 2013/14, la SIG Strasbourg avait disputé 60 rencontres contre seulement 44 en 12/13.

51

Le nombre exceptionnel de matches retransmis à la TV sur les 72 joués durant cette saison 2015/16.

13

Le Rhenus (6 100 places) a fait le plein à 13 reprises durant la saison dernière.

1 621

Le nombre d’abonnés cette saison pour suivre les matches au Rhenus (+20% par rapport à la saison dernière).

3 217

Avec les billets vendus aux abonnés et aux partenaires, plus de la moitié des billets sont réservés à chaque match de Pro A.

 

 

SIG Strasbourg : La réussite digitale (1)

Au-delà de sa récente réussite sportive depuis l’arrivée de Vincent Collet à la tête de l’équipe, la SIG s’est considérablement étoffée dans le domaine du digital sous la présidence de Martial Bellon. L’efficacité de son site et de ses réseaux sociaux est devenue exemplaire.

Dossier en deux parties.

 

C’est en juin 2013 que l’ancien meneur international Aymeric Jeanneau a pris sa retraite sportive mais il est demeuré au sein de la SIG où il avait séjourné, en deux fois, cinq saisons. Il a observé le club de l’intérieur, effectué une sorte d’audit, afin de proposer à son directoire une création de poste pour accélérer son développement. Un projet qui était en phase avec les idées du président Martial Bellon arrivé à la SIG en 2010. Aymeric Jeanneau est ainsi devenu le manager général du développement, ce qui intègre le commercial, le marketing, la communication, le digital et encore le ticketing, tout en assistant le président sur le dossier de la future Arena. Jérôme Rosenthiel étant le manager des opérations sportives et de la gestion administrative. La SIG de 2017, c’est douze permanents hors le secteur sportif, qui comprend les joueurs, trois coaches à plein temps (Vincent Collet, Lassi Tuovi, Lauriane Dolt), un à temps partiel et le kiné.

 

« Le trick shot challenge, sorte de panier le plus dingue, entre Erving Walker et A.J. Saughter a récolté ainsi plus de 80 000 vues »

 

Jusque là, le site était entre les mains de stagiaires qui faisaient de la création graphique, d’un community manager bénévole et de Jean-Claude Frey, ancien rédacteur en chef adjoint des Dernières Nouvelles d’Alsace, qui à ce titre a notamment longtemps suivi la SIG et l’équipe de France, et qui demeure aujourd’hui la pièce centrale de ce dispositif.

« Martial a pris point par point et vu là où on pouvait développer. Le digital a été quelque chose sur lequel on a mis l’accent. Après on a été trouver les personnes qu’il fallait, ne pas continuer avec celles qu’il ne fallait pas. C’était les points faibles du club et on a beaucoup travaillé sur les trois dernières années », indique Aymeric Jeanneau.

De fait, sur la période, quatre versions différentes de sigstrasbourg.fr sont apparues –la dernière date de fin décembre-, le club a changé de prestataire technique, enrichi son contenu, et développé son impact sur les réseaux sociaux. Les apports de Dominique Wendling, un ancien journaliste des DNA lui aussi, membre du directoire, qui est rentré dans le pôle communication, et de Sophie Assoumani de la société Good Way, une autre fan de basket responsable des réseaux sociaux, ont été bénéfiques comme celui de Franklin Tellier, une encyclopédie de la SIG, en charge notamment des vidéos –désormais l’une des marques de fabrique du site-, dont il assure les scénarios, les prises de vue et les montages.

Franklin Tellier a ainsi fêté le 200e match de Louis Campbell à la SIG avec une vidéo où apparaissaient par surprise ses enfants comme le 500e de Vincent Collet. Le trick shot challenge, sorte de panier le plus dingue, entre Erving Walker et A.J. Saughter a récolté ainsi plus de 80 000 vues. Récemment, la vidéo où Martial Bellon annonce la re-signature du coach des Bleus pour trois ans a également fait un tabac.

 

 

« La saison dernière le club a fait 72 matches et je les ai pratiquement tous fait en avant papier et en compte-rendu »

 

Ce qui différencie le site strasbourgeois de la majorité des autres de Pro A, c’est la qualité du contenu rédactionnel et c’est là où le rôle de Jean-Claude Frey est primordial. Les matches et les conférences de presse sont ainsi relatés à la fois vite et très bien.

« Je fais ça de façon très journalistique comme j’ai toujours fait », commente Jean-Claude Frey. « Quand j’entre en conférence de presse, le papier du match est en ligne. Derrière je suis la conférence et je la publie une demi-heure après la fin. J’ai de très bons retours. Même s’ils ont été au match, les gens sont accros aux déclas des joueurs et de Collet. On est repris régulièrement un peu partout et c’est fait pour ça. »

Le sexagénaire ne compte pas son temps mais a quand même mis la pédale douce en ce qui concerne les déplacements.

« Je les faisais l’année dernière. Je suis semi bénévole et un peu atteint par la limite d’âge. La saison dernière le club a fait 72 matches et je les ai pratiquement tous fait en avant papier et en compte-rendu. Quand je n’étais pas sur place, il y avait la télé, et quand elle n’était pas là, je pouvais suivre les matches grâce au système K-Motion avec une caméra fixe car chaque club a cinq codes d’accès. Il n’y a pas de commentaires mais je vois les actions et avec le live de la LNB, j’ai largement de quoi faire. Et sur certains déplacements, Régis Schneider (NDLR : le journaliste des DNA qui suit la SIG) me fournit la bande-son de la conférence de presse. Egalement, l’année dernière, pour un gros match, j’appelais Vincent une demi-heure après la conf. »

 

« Si on n’avait pas fait tout ça, on ne serait pas à 5 800 spectateurs de moyenne » 

 

Même s’il y avait eu ce titre de champion de France en 2005 sous l’ère Eric Girard-Ricardo Greer, la SIG était un club appartenant au « gros peloton » de la Pro A. La venue de Vincent Collet lui a donné un formidable coup de booster sportif avec un remarquable tir groupé de quatre finales des playoffs –on le sait, infructueuses- et une finale d’EuroCup, ce qui à l’époque moderne est presque surnaturelle pour une équipe française. La notoriété de Strasbourg a été grandissante ces dernières années, le nombre de ventes important des hebdos spécialisés dans le Bas-Rhin –deuxième département derrière la Haute-Vienne- en étant une preuve comme une autre. L’accroissement de l’impact des réseaux sociaux du club a été concomitant. Sans savoir qui est l’œuf et qui est la poule. Pour prendre conscience de son ampleur, il suffit d’avoir connaissance des chiffres qui seront proposés dans la deuxième partie de cet article.

« Sans les résultats sportifs que l’on a eus, on n’aurait peut-être pas eu cette obligation d’être à ce niveau. Il y a les obligations demandées par la ligue, l’Euroleague, la Basketball Champions League auxquelles il faut répondre. Je peux le dire puisque je ne suis pas Alsacien : quand en Alsace on fait quelque chose, ce n’est pas à moitié. Et parallèlement les résultats sportifs prennent de la valeur si derrière il y a un suivi. Si on n’avait pas fait tout ça, on ne serait pas à 5 800 spectateurs de moyenne », estime Aymeric Jeanneau.

« C’est Sophie Assoumani qui est en charge des réseaux sociaux », complète Jean-Claude Frey. « Elle fait du Périscope en direct sur la page facebook. Elle twitte pratiquement toutes les deux actions durant les matches, elle retwitte tout ce qui concerne la SIG un peu partout. On essaye d’être toujours plus interactif avec les fans. Même si l’année dernière, c’était difficile car ils étaient tout le temps par monts et par vaux, on fait venir des fans à des entraînements ouverts, ils ont posé des questions à Vincent Collet et à Martial Bellon, on leur a permis de rencontrer Jeremy Leloup. »

 

« La période Dettmann a été assez douloureuse et a entraîné énormément de boulot de modération.

 

Outre le fait d’être le deuxième club de Pro A sur twitter derrière l’inévitable Limoges CSP, et le troisième sur facebook, la SIG a été surprise et heureuse d’apprendre qu’elle figure en cinquième position des clubs de Basketball Champions League les plus suivis sur les réseaux sociaux derrière le Partizan Belgrade, le Besiktas Istanbul –tous les deux loin devant-, le Dinamo Sassari et le Pinar Karsiyaka.

« Sophie regarde partout ce qui se fait », informe Aymeric Jeanneau. « Il ne faut pas s’arrêter à ce que l’on fait nous, il y a plein d’idées à prendre partout. Notamment pour les campagne d’abonnement. On s’inspire… et parfois ça ne marche pas. »

Les réseaux sociaux ont révolutionné les rapports entre les fans d’un côté, les clubs et les joueurs de l’autre, en permettant une interactivité inimaginable avec les autres supports et rendant périmés les courriers des lecteurs de la presse écrite comme les divers encarts publicitaires. Ils ont aussi leurs inconvénients et les mauvais résultats sportifs en début de saison ont entraîné quelques dérapages.

« Il y a à boire et à manger, » résume Jean-Claude Frey. « La période Dettmann a été assez douloureuse et a entraîné énormément de boulot de modération. Les gens étaient extrêmement violents comme ils peuvent parfois l’être sur les réseaux sociaux. Il a fallu éliminer des commentaires. Ça n’a peut-être pas suivi au niveau des résultats mais Henrik Dettmann ne méritait pas le traitement qu’il a eu. Ce n’était pas évident en terme d’image pour le club. »

A suivre

Strasbourg : les « papys » font la différence

Samedi soir, Strasbourg s’est imposé contre le Havre (78-69) et ce que l’on peut ressortir de cette victoire, c’est l’impact des trentenaires de la SIG.

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