A 20 secondes de la fin du match, John Roberson, le meneur de Chalon qui tournait jusque là à 72 sur 75 aux lancers-francs, en manque deux à la suite ! Il est effondré et il reçoit le soutien moral de ses équipiers.
C’est un champion le petit bonhomme (1,80m) de Kansas City car il aussitôt il reprend ses esprits. Il chipe un ballon mais manque un tir à trois-points ouvert. Peu importe. Alors que son équipe est menée de trois points à trois secondes du buzzer, c’est lui qui a la balle et il hérite de deux nouveaux lancers.
John Roberson réussit le premier et rate volontairement le second qui rebondit sur le plexi et aussi sur l’arceau. S’en suit une bataille de chiffonniers au rebond. Malin, Axel Bouteille parvient à détourner la balle du côté de son pivot Moustapha Fall –encore une fois décisif hier avec 18 points, 10 rebonds et 32 d’évaluation- qui parvient à la glisser dans le cercle dans les ultimes dixièmes. Chalon gagne le droit de disputer les prolongations.
Dans les cinq minutes supplémentaires, les Chalonais, privés de Cameron Clark blessé à l’œil depuis le match de coupe de France au Mans- s’imposent 94-90.
Au final John Roberson n’a inscrit que 9 paniers sur les 13 tentés. Mais ainsi l’histoire est encore plus belle !
A quel niveau d’exploit se situent les 10 paniers réussis au-delà de la ligne à trois-points, sur 11 tentatives, de John Roberson, le meneur de l’Elan Chalon, hier à Zagreb face au Cibona ? C’est la question.
Ce qui est certain, c’est que personne n’avait atteint jusqu’ici cette marque en FIBA Europe. Cinq joueurs en avaient précédemment inscrits huit, avec plus ou moins de tentatives.
Peut-on comparer cette performance avec d’autres réussies dans diverses compétitions ? Non. Déjà, il faudrait faire une recherche de longue haleine et forcément incomplète pour recenser toutes les statistiques dans ce domaine à travers les générations. De plus, si les sauteurs en longueur ont les mêmes contraintes pour accomplir leurs sauts –encore qu’à l’époque de Jesse Owens et de la cendrée, c’était une autre paire de manches-, la précision d’un shooteur dépend fortement de la défense adverse et aussi de la distance qui n’est pas la même d’une compétition à une autre et qui a subi des variations avec le temps.
Aussi, pas de doutes, en marquer neuf dans un match en NBA, où la ligne est à 7,23m, comme Ben Gordon deux fois, et Latrell Sprewell une fois, c’est autrement plus ardu que de déjouer la défense du Cibona avec une ligne à 6,75m.
Et puis, quel paramètre privilégier ? Le sans-faute ou le pourcentage de réussite ? Que vaut un 9/9 comparé au 13/17 de Stephen Curry, le 7 novembre dernier face aux New Orleans Pelicans, et qui constitue le record de trois-points inscrits dans un match. Ou encore aux 9 trois-points inscris par son équipier Klay Thompson un peu auparavant… en un seul quart-temps.
Dans un tout autre contexte, Mohammad El-Akkari en a empilé 32 (sur 59 tentés) dans un match de Division A libanaise où il scora 113 points. Ce record a une valeur toute relative.
Dans les performances les plus remarquables, on note la présence de l’ancien Manceau Chris Lofton, en 2009, alors sous le maillot de Mersin, avec 17 trois-points réussis dans le même match. C’était dans le championnat turc assurément plus sérieux.
9/9 pour Darnell Harris (Orléans) en 2015
A ne pas douter, ne pas connaître un seul échec frappe encore plus l’imagination.
9/9, c’est le score atteint en Euroleague par le Lituanien Saulius Stombergas (Vitoria) face à l’AEK Athènes en avril 2001, à une époque où les défenses grecques étaient comme des mâchoires géantes qui broyaient les shooteurs. Chapeau !
9/9, c’est aussi le total atteint par Darnell Harris le meneur d’Orléans face à Limoges, le 25 avril 2015. Le record en Pro A.
Mais encore une fois, un jeune blanc-bec en Lettonie a peut-être fait mieux. Ou comment ne pas croire que le Brésilien Oscar Schmidt, le plus grand shooteur de tous les temps –si, si-, qui a marqué 49 733 points dans sa carrière professionnelle, n’ait pas fait un soir un carton plein au-delà de la fameuse ligne qui donne un point en bonus ?
Au final, peu importe que l’on ne parvienne pas à situer exactement la performance de John Roberson dans le Livre d’or du basket, ce qui est certain c’est que hier soir, il a bel et bien inscrit son nom dedans. Surtout qu’avec un total de 39 points, il a aussi amélioré le record de FIBA Europe Cup du pivot croate du Benfica Lisbonne Iviva Radic, qui s’était arrêté à 38 la saison dernière contre Sopron.
Si ce match reste dans les annales, ce sera grâce au nombre de lancers francs-tirés par les Chalonnais : 46. Et aussi par le sans-faute du meneur John Roberson dans cet exercice : 16 sur 16. Un record du club que détenait jusqu’ici Blake Schilb avec 15 réussites.
On remarquera aussi que les équipiers de l’Américain n’ont pas été globalement performants de leur côté puisqu’ils en ont transformé seulement 14 sur 30. Le bonnet d’âne revenant à Moustapha Fall, 1 sur 7. C’est d’ailleurs depuis le début de sa carrière le talon d’Achille du pivot chalonnais qui épate la Pro A depuis la rentrée ; cette saison, il tourne à un médiocre 47,9%. L’Elan n’a donc pas profité pleinement de cet avantage quantitatif sachant que Monaco a dû se contenter de 17 tentatives.
Mais la principale responsabilité de l’échec des Chalonnais (72-82) est à chercher ailleurs : dans la valeur de cette équipe de Monaco et sa capacité défensive de chaque instant. La Roca Team a ainsi complètement annihilé, en le privant d’espace, l’Américain Cameron Clark. Ses chiffres valent mieux qu’un long discours : 7 points à 1/7, zéro d’évaluation, lui qui en est –avec ce match- à 17,9 en moyenne ! Postulant au trophée de MVP, le natif de Phoenix qui avait l’air paumé sur le terrain, a peut-être montré ses limites hier soir.
Moustapha Fall a fait le job
« Soyons honnêtes, Monaco mérite sans contestation son succès », a commenté le coach Jean-Denys Choulet au JSL. « Mais le tournant, c’est aussi cette deuxième faute sifflée à Mous (Fall) après cinq minutes de jeu. On ne pouvait pas gagner non plus contre Monaco en tirant à 8 % à 3 points sur notre cinq de départ (ndlr : 1/12). Je suis déçu, mais il faut rester conscient que certains cadres ont connu des défaillances inhabituelles. »
La sortie prématurée de son pivot a effectivement coûté cher à l’Elan qui ne s’est jamais remis de son départ poussif (15-21 après 10 minutes puis 35-45 à la mi-temps), mais Moustapha Fall a au final joué 30 minutes, a été dominateur sous le cercle du haut de ses 2,18m (13 pts, 6/8 aux shoots, 16 rebonds, 4 interceptions, 1 contre) et pourtant Monaco n’a jamais été en danger.
Les extérieurs monégasques ont été comme à chaque fois impressionnants. Et si c’est l’hyper actif Zack Wright (11 pts, 9 pds, 4 rbs) qui a été élu MVP, la distinction aurait tout aussi bien pu revenir à Dee Bost, Amara Sy ou Sergii Gladyr, sachant que Jamal Schuler (3/12 aux shoots) était pour une fois en-dedans.
Sans puiser réellement dans ses ressources, l’AS Monaco est allé s’imposer chez son dauphin. En ce début mars, personne n’imagine qu’elle ne sera pas championne de France…
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