"Livenews"

L’incroyable tir de Mardy Collins face au Zenith St Petersbourgh

La saison dernière avec la SIG, Mardy Collins a fait ses valises direction la Russie et Krasnodar à l’intersaison. Lire la suite »

Revue de presse du 25 mars 2017

Chaque matin, BasketEurope.com vous propose une revue de presse composée des titres de la PQR du basket français. Lire la suite »

Moustapha Fall (Chalon) commente ses deux exploits d’anthologie

Si le trophée existait encore, Moustapha Fall (2,18m, 25 ans) serait probablement élu Meilleur Joueur Français de la saison. Il concourra pour celui de MVP tout court avec de bonnes chances de remporter le gros lot même si le meneur palois D.J. Cooper apparaît être le favori.

A ce jour, le Chalonnais est d’ailleurs le dauphin de l’Américain à l’évaluation (19,3 contre 21,6) mais règne au rebond (9,1 contre 8,6 au Parisien Louis Labeyrie), aux dunks (2,3 contre 2,1 au Gravelinois Richard Salomon) et surtout aux contres (2,4 contre 1,3 au Monégasque Bangaly Fofana).

Dans son édition de ce samedi, et à l’occasion du match de demain Strasbourg-Chalon -18h30 en clair sur Numéro 23– les DNA ont demandé à Moustapha Fall de commenter deux actions qui ont marqué les esprits.

Premièrement, sa contre-attaque face à Monaco où il réalise un double-pas d’anthologie digne d’un triple sauteur olympique et en prenant appel dans la région de la ligne des lancers-francs pour un dunk aérien d’une incroyable souplesse pour un homme de sa taille.

« Oui, j’ai vu que ça avait fait le buzz sur les réseaux sociaux », a répondu le Chalonnais. « Sur le moment, je n’avais pas l’impression d’avoir fait quelque chose d’extraordinaire, même si c’est assez spécial pour un joueur de mon gabarit. Mais comme tout le monde m’en a parlé après, j’ai compris qu’il se passait un truc ! »

L’autre moment fort, c’est sa claquette suite à un lancer-franc volontairement manqué par son meneur John Roberson et qui a permis à l’Elan d’arracher la prolongation devant Nanterre avant de gagner le match.

« Normalement, ça n’arrive jamais, on a eu beaucoup de chance. Mais on dit souvent que la chance se provoque. Nous, on se donne toujours à fond. D’autant qu’il fallait relever la tête après la très grosse déception du Mans, en demi-finale de la Coupe de France. »

La SIG pourra t-elle contrôler le géant chalonnais ? Ce sera l’une des clés du match. A l’aller, dans la victoire de son équipe (81-74) le géant s’était contenté de quatre points mais y avait ajouté 10 rebonds, 5 passes et 5 contres !

 

Photo: FIBA Europe

Laurent Legname (Dijon) : « on savait qu’il fallait gagner, il n’y avait pas d’autres solutions »

Grâce à un dernier quart-temps à sens unique (18 à 5), la JDA Dijon s’est offert le scalp d’Antibes (61-52) et voit s’éloigner la menace d’une descente en Pro B alors qu’elle avait manqué le coche la semaine dernière à Nancy (70-87).

« On savait qu’il fallait gagner, il n’y avait pas d’autres solutions », a commenté le coach Laurent Legname. « C’est ce qu’il faut retenir. Dans des moments comme ça, quand on joue le maintien, les deux équipes connaissent l’enjeu et ça peut jouer sur le contenu. Ce soir, on retient la victoire, c’est primordial. La défense a été excellente en étant appliqué, notamment dans la deuxième mi-temps. J’avais été agacé après la performance à Nancy. Nous avons travaillé ça toute la semaine et les gars ont fait ce qu’il fallait. On laisse Antibes à 5 points dans la dernière période, c’est très bien. Offensivement en revanche, ce fut pauvre. Les joueurs ont été tétanisés par l’enjeu. C’est ce qui a fait louper des lay-up simples à certains gars, c’est le basket. On a assuré dans les 5 dernières minutes avec un David exceptionnel. Les 6-7 dernières minutes, il a pris le match à son compte. Il lui fallait de la confiance et c’est ce qu’il a retrouvé en mettant plusieurs shoots consécutifs. »

De fait, dans un match pauvre en chiffres (53 d’évaluation pour le vainqueur), le petit meneur dijonnais (1,73m) David Holston a tranché (18 points mais à 5/16, 5 rebonds, 4 passes et 2 interceptions).

« Mais ce n’est pas la victoire de David, mais celle de l’équipe », reprend Laurent Legname. « On a gagné avec du cœur et de la défense. Ils ont été exceptionnels. Ce ne sont pas des joueurs qui s’en foutent. Ce sont des joueurs qui ont des valeurs et qui se battent. C’est la récompense pour les joueurs et le public ce soir. »

Le coach dijonnais estime qu’il faut encore deux ou trois victoires à son équipe pour se sortir définitivement de la zone rouge et pour réaliser cet objectif, conserver ce qui est la marque de fabrique de la JDA depuis quelques années déjà : l’esprit de combat.

 

Nancy-Orléans: malheur au vaincu !

C’est sinon LE match de l’année, du moins le match à ne pas perdre. Orléans reçoit ce soir Nancy. Ce sont les deux derniers de la classe avec six victoires qui ont vu sans doute avec soulagement Antibes s’incliner hier soir à Dijon (52-61). Le vainqueur de ce duel rejoindra ainsi les Sharks au niveau supérieur.

Le SLUC aborde ce choc sur un bel élan, deux victoires précieuses, à Cholet et devant Dijon. L’OLB a fait de la résistance à Villeurbanne (78-82) mais mathématiquement ça ne sert à rien et quand on est ainsi en queue de peloton, c’est sympa de recevoir des compliments mais c’est indispensable de gagner.

« Il faut confirmer dans le jeu, dans l’investissement, en défense, dans la volonté de jouer collectivement… », commente Gregor Beugnot à L’Est Républicain. « Orléans est une équipe qui se bat, une équipe dangereuse, qui peut poser des problèmes par le tir ou par son agressivité. Nous devrons faire énormément d’efforts défensifs et ce, dès le départ de leurs attaques. J’espère que nous serons dans le même état d’esprit que contre Dijon, équipe à laquelle Orléans peut parfois ressembler ».

La Rep a demandé de son côté à Kyle McAlarney, l’Américain de l’OLB, si ce face à face est déterminant :

« Le match le plus important de la saison, pour nous, est toujours le suivant. Et c’est comme ça depuis un mois à peu près. Parce que c’est Nancy et qu’ils sont à égalité avec nous en bas de classement, c’est encore plus important. On veut les battre et gagner le goal-average (l’OLB a perdu de 7 points à l’aller, 72-65). On ne le voit pas comme un match qu’on devrait gagner mais on sait qu’on est une bonne équipe et on connaît notre talent et notre niveau. Si on avait bien joué toute la saison, on ne serait pas là où on est. Donc, on veut battre ces équipes qui sont nos concurrents directs. Et c’est juste une histoire de confiance. Si on gagne, ça va nous lancer pour la dernière ligne droite. On n’a pas gagné depuis longtemps (le 13 janvier à Dijon). Donc, pour l’instant, c’est le match le plus important de la saison, oui. On a besoin de ressentir la victoire. On en a vraiment besoin. »

Photo: Nguyen Photographies

Les clubs d’Euroleague vont devoir faire un choix entre deux calendriers

Avec la nouvelle formule choisie par la FIBA pour les qualifications aux compétitions internationales construites sur le même schéma que le foot avec une fenêtre en novembre (du 20 au 28 en 2017) et une autre en février (du 19 au 27 en 2018), l’Euroleague va devoir faire des ajustements ou non sur son calendrier, comme l’indique EurohoopsLire la suite »

Du côté de chez Fred revisité 18 ans après

Suite et fin de la série sur Frédéric N’kembé. En 1999, un questionnaire « Du côté de chez… » avait accompagné le portait republié ici. Nous lui avons posé les mêmes questions dix-huit ans plus tard avant de lui rappeler ce qu’il avait répondu. Voici le résultat :

Où aimeriez-vous vivre ?

Réponse en 1999 (MaxiBasket n°194) : Au soleil, Tahiti peut-être.

Réponse en 2017 : Toujours au soleil, ça n’a pas changé même si je suis actuellement à Lille, je ne vais pas y rester longtemps (rires).

Avec qui ?

1999 : Avec ma famille.

2017 : Avec ma femme et mes enfants.

Votre occupation favorite ?

1999 : Lire de la poésie, des histoires vraies. Françoise Dotto et tout ce qui concerne la psychologie enfantine. Ecouter de la musique et jouer à la PlayStation.

2017 : Malheureusement depuis six ans, mon occupation favorite c’est les bouquins d’anatomie et de physiologie donc je ne vais pas dire ça parce que on dirait que le gars n’as plus de vie (rires) ! Mon occupation favorite, on va dire que ça reste le sport, le basket parce que j’arrive quand même à continuer à jouer, heureusement. Bon après c’est de la Nationale 3, ce n’est pas le haut niveau. J’arrive encore à mettre 35 points de moyenne donc ça va à mon grand âge (rires).

Par rapport à avant, la console, ça fait dix ans que je n’y ai pas touché, pour les livres, la poésie, je n’ai plus le temps. Ma seule lecture c’est malheureusement, comme je le disais, les bouquins de médecine.

L’objet auquel vous tenez le plus ?

1999: Ma PlayStation. J’aime les jeux de combat, quand ça saigne bien !

2017 : A l’heure actuelle, je dirais mon disque dur externe! Il y a six ans de kiné là-dessus, j’ai absolument tout, toutes mes vidéos, tous mes livres en numérique… Je l’ai en trois exemplaires et ce n’est pas pour rien. Il est dispatché un chez ma famille, un chez des amis et un chez moi. Si celui-là je le perds je me pends.

Votre héros préféré ?

1999 : Malcom X.

2017 : Mon héros préféré… Je vais prendre quelqu’un d’un peu plus récent, ça sera ma mère et Barrack Obama.

Votre bête noire ?

1999 : C’est une salle, Beaublanc. J’ai toujours fait des matches de merde à Limoges. Je déteste les arceaux de cette salle.

2017 : Ces dernières années ma bête noire c’est le trou de mémoire… Le trou de mémoire et la kiné fonctionnelle… Les gens vont se dire « mais ce gars il est relou ! Il est devenu casse couilles ! » (rires). La kiné fonctionnelle c’est difficile, j’ai raté l’examen, je l’ai repassé quatre fois donc voilà (rires).

A Beaublanc, j’envoyais que des « saucisses » je ne sais pas pourquoi.

Quelle est la chose que vous savez le mieux faire ?

1999 : La cuisine. J’adore préparer des plats bien lourds, avec du riz, de la sauce, bien épicé.

2017 : Prendre sur moi… prendre du recul, avoir de l’empathie.

Si vous pouviez déposer de la dynamite où vous voulez en toute impunité ?

1999 : Au siège du Front National.

2017 : Je pense que je la déposerais tranquillement au siège de Daesh, où il y a tous les petits chefs, où il y a toute leur logistique, où ils font leurs réunions d’état-major. Je ne sais pas dans quelle grotte ils sont mais je pense qu’un bon paquet avec tous les mecs de Daesh, qu’on en loupe pas un seul. Oui, voilà sous la table, au moment où ils font leur réunion d’état-major.

Maintenant Daesh m’inquiète un peu plus que l’effet Marine.

Une qualité chez la femme ?

1999 : La fidélité.

2017 : La fidélité.

Un défaut chez l’homme ?

1999 : Trop fier, trop orgueilleux.

2017 : La fierté.

Votre principal trait de caractère ?

1999 : Je ne suis jamais satisfait. On m’appelle d’ailleurs le bougon. Je n’aime pas perdre.

2017 : L’exigence, je suis trop exigeant envers moi-même et envers les autres.

Votre principal défaut ?

1999 : Je ne sais pas dire non.

2017 : En ce moment, c’est l’impatience. J’ai envie que tout arrive vite mais malheureusement c’est long, il y a des étapes à valider et j’aimerais bien en griller certaines.

Maintenant je sais dire non. Quand tu termines ta journée de boulot, tu en as une autre qui commence à la maison avec les voisins, avec les amis, tout le monde a mal quelque part. La petite-fille est tombée à la recré elle s’est cassée le coude sauf qu’il est 22h donc laissez-moi tranquille !

Ce que vous détestez par-dessus tout ?

1999 : Les gens qui ne sont pas francs, qui ne disent pas ce qu’ils pensent.

2017 : Il y en a deux, le manque de respect et la violence. Mais la violence des hommes envers les femmes parce que j’en vois assez souvent pour le coup. Quand tu demandes à la personne de se changer et que tu vois bien qu’il y a des hématomes, ça ne trompe pas. C’est vraiment un truc qui me rend fou !

Un fantasme ?

1999 : Disputer le All-Star Game NBA.

2017 : Alors un fantasme absolu ça aurait été d’être le kiné, être le physio de la Dream Team de Barcelone aux JO 92. J’aurais trop aimé être avec eux dans le vestiaire avant les matchs et après les matchs, être avec eux pendant les matchs ça devait être un truc de fou. Être avec des mecs qui à ce moment-là ne pensaient même pas que l’Europe existait. Ça devait être bien.

Votre idée du bonheur ?

1999: Ma femme, des enfants, chez moi, tranquille…

2017 : Être en bonne santé avec des gens que j’aime. Être en bonne santé et prendre soin des siens.

Quel serait votre plus gros malheur ?

1999: Perdre ma famille.

2017 : Ça ne change pas. Ça serait vraiment perdre femme, enfants, mère, frère. Il n’y a rien de pire, je pense. Suite au décès de mon frère, je n’ai jamais été aussi mal de toute ma vie, il n’y a rien de pire.

Le don de la nature que vous aimeriez avoir ?

1999 : Lire dans la tête des gens… Souvent, j’ai l’impression de me faire avoir. On dit : « Trop bon, trop con ».

2017 : Le don de la nature que j’aimerais avoir… Alors il y en a deux (rires) ! Le premier serait d’être invisible quand je veux. Et le deuxième serait de pouvoir me téléporter dans l’endroit auquel je pense en un instant. Ça serait un truc de ouf ! Mais je ne suis pas sûr de pouvoir rester dans la légalité à partir de ce moment-là (rires).

Que faites-vous s’il ne vous reste plus qu’une heure à vivre ?

1999 : J’appelle ma famille, je me fais un super repas et je fais l’amour. C’est bon, je peux mourir.

2017 : Je réuni tous les gens qui comptent pour moi dans la mesure du possible. J’appelle tous ceux que j’aime, j’essaye de bien manger, j’essaye de m’isoler vite fait et faire l’amour une dernière fois.

Et une semaine ?

1999: Je fais tout ce que je n’ai pas eu le droit de faire, plein de conneries. J’ai découvert récemment les facilités matérielles. Quand on dit, l’argent ne fait pas le bonheur, ok. Mais quand on en a, on rigole mieux. Voir quelque chose et pouvoir se le payer, c’est trop bon.

2017 : Alors là forcement la famille vite fait, les amis et surtout je vide mon compte en banque, je fracasse mon plafond de découvert autorisé et je me casse pendant une semaine. Je fais le tour du monde, je vais dans des endroits que je n’ai pas eu l’occasion de voir, je profite, je m’éclate ! Je kiffe la life en famille !

 

Lire l’article « Portrait de 1999 » et lire l’article « Qu’est ce que tu deviens« 

Frédéric N’Kembé, le bison bisontin

Article publié dans Maxi Basket N°194 en 1999

Puissant, athlétique et sans peur, Frédéric N’Kembé est un bison de 1,90 m qui bouscule les adversaires et les idées reçues.

The body, Frédéric N’Kembé a emprunté le surnom qui fait la gloire de Elle McPherson, mannequin australien au corps parfait. « On se cherchait des surnoms avec les potes de Levallois. Quand mon tour est arrivé, on a pensé à quelque chose qui ait un rapport avec le physique. C’est pas très malin » dit-il aujourd’hui, un peu gêné.

Dans le monde du gigantisme du basket, Fred N’Kembé est recensé dans la catégorie des « petits » avec son mètre quatre-vingt dix (maximum !), mais rares sont ceux qui possèdent une charpente aussi bien fournie. Il pointe désormais au quintal, et la matière grasse y est presque aussi rare que dans un yaourt Taillefine.

« C’est un athlète très doué, qui aurait pu réussir en foot, en athlétisme » dit Ron Stewart, son ancien coach à Levallois, qui en préparation testait ses joueurs sur la piste en tartan, sur 100, 200, 400 m. Fred se souvient avoir été mesuré à plus de 80 cm de détente sèche et avoir couru le 100 m en 11 secondes. Un chrono remarquable pour quelqu’un qui n’a jamais fait d’entraînement spécifique. Ce qui est unique chez N’Kembé, c’est cet alliage de vitesse, détente et puissance.

Fred est fier de son corps. C’est son signe distinctif et son gagne-pain. Il l’entretient avec le soin que porte un jardinier anglais à son gazon. Il fait de la musculation depuis qu’il est arrivé au centre de formation du Mans, à une époque où il pesait les 75 kg. « Quand on joue, et que l’on se fait bousculer par des mecs plus grands et plus costauds, on se dit qu’il va falloir qu’on s’y mette un jour. Je me suis rendu compte que plus j’en faisais, mieux je me sentais et plus j’arrivais à m’imposer sur le terrain. J’ai ainsi gagné 5-6 kilos chaque année ». Et Fred de préciser qu’il a été élevé aux grains, sans le concours de substances plus ou moins licites.

Michel Beuzelin, qui fut son entraîneur avec les espoirs du Mans, se souvient que Erwan Bouvier et lui s’étaient vu indiquer direction de la salle de muscu par Duane Washington, le meneur américain de l’époque. « Il leur avait qu’ils n’étaient pas assez forts de l’avant-bras pour repousser leurs adversaires en défense. Erwan était une puce quand il est arrivé au Mans, et il en est reparti avec une cage thoracique correcte. Fred et Erwan faisaient des concours pour se motiver. Ce qui est remarquable dans leurs cas, c’est la continuité. Beaucoup de joueurs font de la musculation pendant trois mois puis arrêtent ».

Aujourd’hui, Fred et Erwan se sont retrouvés à Besançon et continuent de soulever ensemble des haltères, souvent en compagnie du canadien Michael Meeks. Tous les jours. Une à deux heures à chaque fois. Entre-temps, Fred N’Kembé est passé par Levallois et sa bande de « Cardiac Kids » fondue de fonte. « Les deux dingues du lot, c’était Vincent (Masingue) et Fred. Les autres ont suivi » explique Ron Stewart. « Masingue prend beaucoup de plaisir à faire de la musculation. C’est une drogue. Un moment, je lui ai même dit d’arrêter, il commençait à avoir mal à l’épaule ».

« Avec Vincent, Sacha (Giffa), Brice (Bisseni), on se lançait des défis. C’était à celui qui soulevait les plus gros poids ou qui prenait le plus de rebonds » explique Fred.

Mais quand on lui demande s’il prenait son pied à durcir ses biceps comme Vincent Masingue, il se marre et lâche : « Un plaisir ? Franchement non. Je préfère rester chez moi à regarder des conneries à la télé plutôt que d’aller à la salle… ». Puis, il ajoute : « Mais, heureusement que j’en fais, sinon avec ce que je bouffe, j’aurais un p’tit bide sympa ». C’est qu’il faut savoir, c’est que le Bisontin est un fin gourmet et un bon vivant.

Élevé avec Erwan Bouvier

Davantage que Alain Digbeu et Mous Sonko, qui ont en fait été formés en clubs, Fred N’Kembé est un authentique produit des playgrounds parisiens. Ceux de La Courneuve, où ce fils de Camerounais, a passé son enfance. Une banlieue de Seine-Saint-Denis que l’on qualifie pudiquement de « difficile ».

« Sa famille n’était pas défavorisée. Son père travaillait. Sa soeur a fait des concours de top-model chez Elite. Disons qu’il a fallu qu’il se prenne en charge vis à vis du milieu ambiant de La Courneuve. Cela a été compliqué. Les études, tout ça… Il avait tendance à se mettre dans les emmerdes plus qu’à son tour » témoigne Michel Beuzelin.

« C’était dur. La Courneuve, Saint-Denis, Sarcelles, c’est clair que c’est galère. Mais, je dis ça maintenant que je connais autre chose, mais quand j’étais gamin, je m’y plaisais. J’étais avec des potes. on connaissait tout le monde dans la cité ». Sûr que Fred ne renie rien, au contraire. Il est pour tous là-bas une référence. « Je ne dirais pas que mes potes ont mal tourné, mais beaucoup ne font rien de leur journée. Il y a un paquet de chômeurs. Ils restent dans le hall, ils font leur petit business ».

Fred découvre le basket à 16 ans en pleine Jordanmania, et son style de jeu copié sur celui des Blacks américains des ghettos veut que le plus court chemin pour aller au panier soit la ligne droite. Il faut dribbler, sauter et surtout dunker. Ses potes l’entraînent à Aubervilliers, un club d’Excellence Régionale. C’est Jean Marie Deganis, ex-joueur de haut niveau et entraîneur fédéral, qui mettra Le Mans sur sa piste. « Il m’avait dit : ça sera compliqué, mais on y arrivera. Il avait raison » commente Michel Beuzelin.

« Fred n’avait peur de personne, mais il fallait qu’il apprenne à jouer avec les autres. Il n’avait aucune notion de ce qu’était la Pro A, la durée d’un match, la formule de compétition. Au début, sa relation avec les Amércains, c’était comme à la télé. Il était admiratif. Il voulait reproduire leurs gestes ». Ce n’est pas le moindre mérite de Fred de s’être plié au fil du temps aux exigences d’un autre monde, celui du basket pro. En espoirs, malgré sa propension à vouloir jouer près du cercle, il se retrouve en numéro 2. Beuzelin lui commande même, à titre expérimental, sur de courtes séquences, de prendre la mène ! Pour qu’il comprenne la difficulté de la tâche. Les tirs à trois points qu’il mettra plus tard, il les prenait déjà… souvent en pure perte. Fred score beaucoup et accumule les rebonds. Vite, le cadre du championnat espoirs se montre trop étroit pour lui. Fred a la confiance de Ernie Signars, le coach du MSB, enfant d’un ghetto de Chicago et qui a pour le gamin les yeux d’un papa poule. « Quand Ernie a donné leur chance à Erwan et Fred, ils l’ont saisie » rappelle Beuzelin. « Ils remplaçaient soit le naturalisé Truvillion, soit l’Américain, Hopson, et ils ne se sont pas dégonflés. La réussite d’Erwan, qui est entré réellement en jeu quelques jours avant lui, a servi à Fred. En pro, Fred est entré pour défendre. Il avait compris que pour jouer à ce niveau, il fallait défendre. Quand il était en espoirs, je pouvais le mettre sur des 1 comme sur des 4 ».

Nous nous sommes tant aimés

A 21 ans, la trajectoire de Frédéric N’Kembé change de direction. Il se plaisait au Mans, mais le nouveau coach, Alain Weisz, opte pour une équipe expérimentée et cosmopolite. Fred est prêté une première fois à Roanne où il s’embourbe un peu. Il revient l’été suivant pour faire ses preuves, mais le MSB qui monte en puissance s’offre l’Espagnol Aisa et le Grec Stavrakopoulos, qui ont déjà porté, l’un le maillot de Estudiantes Madrid, l’autre du Panathinaikos Athènes. « Je n’avais pas envie de partir. Je m’entraînais avec eux. J’avais largement le niveau. Ils se sont sans doute dit que mon jeu playground ne convenait pas, mais comme j’avais prouvé que je pouvais passer 20 minutes sur le terrain et apporter des choses positives quand Ernie était là, je ne vois pas pourquoi ça n’aurait pas marché un ou deux ans après. Il y avait le Grec là, je ne me souvient plus de son nom… Il est clair que… » Fred ne finit pas sa phrase, mais on devine une certaine amertume. Il a voulu ensuite prouver à Levallois que Le Mans avait eu tort de s’en défaire, il a dû sans doute se marrer parfois en voyant Stavrakopoulos errer sur les parquets de Pro A, mais l’homme est trop gentil pour en vouloir à quiconque : « Ils forment des jeunes et ils prennent des Espagnols, des Grecs. Tant mieux, ça marche, je suis content pour eux… »

C’est donc Levallois, alors en Pro B, qui récupère « The Body » à la rentrée 97. Ron Stewart ne cherche pas à s’approprier ce recrutement judicieux : « franchement, je ne le connaissais pas trop. C’est, je crois, son agent, Philippe Ruquet, qui pensait que Levallois était un bon club pour lui pour s’exprimer. Il est venu faire un essai de 3-4 jours et dès le premier jour, j’ai souhaité qu’il reste ».

Dans l’histoire, finalement, tout le monde a été gagnant. Le Mans a grimpé vers les sommets et Fred a baigné à Levallois dans une ambiance unique propice à son épanouissement. Il s’est retrouvé avec d’autres joueurs du même âge, aux goûts et aux tempéraments identiques, et qui ont regagné le droit de remonter en Pro A avant, la deuxième saison, d’étonner le monde du basket avec leur jeu spontané, tonique et spectaculaire. Les « Cardiac Kids » étaient potes au point de passer leurs week-ends ensemble. Masingue, Bisseni et Giffa se sont même offert des vacances communes au Club Med’. Même quand la salle était vide, ils faisaient eux-mêmes monter l’adrénaline, en se bousculant, en criant, en s’insultant après chaque panier, comme des collégiens américains.

« Les gens ont pris conscience qu’on n’était pas qu’une bande de banlieusards à la tête dure qui jouait un basket de fous. on pouvait jouer contre des joueurs confirmés, battre de grosses équipes. Ne pas avoir d’Américains (Hubert Register n’a disputé que 6 matches et James Scott en a manqué 9) nous a permis de mieux nous exprimer individuellement, mais avec deux Américains qui tiennent leur rôle, on aurait pu aller plus haut ».

En début de saison, Fred a franchi le mur du son

Sa venue à Levallois a permis de découvrir chez Fred N’Kembé une arme qu’on ne lui connaissait pas : le shoot à trois points. Il n’avait mis qu’un seul panier à plus de 6,25 m en deux saisons, au Mans et à Roanne, alors qu’il en a transformé 63 sur 182 en deux ans dans les Hautes-Seine. « Il s’est rendu compte que s’il voulait faire vraiment sa place dans le basket français, il fallait qu’il tire de loin » dit Ron Stewart. « Et nous, on avait beaucoup de joueurs qui attaquaient le panier et on avait besoin de paniers à trois points. J’avais remarqué qu’il avait une bonne finition de son shoot, et que c’était davantage le début du geste qui n’était pas parfait, alors on a beaucoup travaillé ça. Il a pris de plus en plus confiance. Je lui ai donné le feu vert à trois points. Il en a profité ».

C’est une constance chez N’Kembé : il bosse et il progresse. Eric Lehmann, son nouveau coach à Besançon, est le premier à le souligner : « C’est un travailleur acharné qui aime beaucoup la vie et qui est toujours joyeux. C’est très important dans le basket de haut niveau. On a trop de joueurs qui manque d’enthousiasme, qui font leur métier avec ennui ».

Le plaisir, il transpire du jeu du Bisontin. On est d’abord épaté par sa masse, sa force, sa faculté à foncer même si en face, c’est plus grand, plus haut et a priori plus fort. Un bison, quoi. Fred est toujours en mouvement, infatigable. Face à Limoges, on l’a vu rater un shoot face au panier, se lancer dans la meute pour le rebond offensif, récupérer la balle et la remettre dans le cercle, ce qui a permis au BBC de se relancer. Une séquence familière pour N’Kembé, mais tout de même étonnante pour un joueur de 1,90 m. Combien de joueurs européens de son gabarit sont capables de pareilles percussions dans les défenses ? Si peu que, finalement, on est bien embêté au moment de tirer un parallèle avec d’autres. Il faut puiser dans l’immense réservoir américain pour avoir des références. Il n’y a qu’aux US où existent des Blacks de 1,90 m, 100 kg, formés sur les playgrounds et qui courent le 100 m  en 11 secondes.

D’ailleurs, si N’Kembé est répertorié en deuxième arrière, c’est davantage un 3, un petit ailier, ce qui est encore plus anachronique considérant son nombre limité de centimètres. Il est le premier à reconnaître aimer se frotter aux molosses : « 1,90 m, c’est pas géant. Les trois-quarts du temps, les mecs font 1,95 m – 2 m, mais je n’ai pas de problème à défendre ou attaquer avec eux. Je préfère défendre sur les grands, sur des 3, sur ceux qui aiment attaquer le cercle, aller au rebond. Sur les petits, tu donnes un coup de poitrine, ils reculent d’un mètre et on te donne une faute. Et puis, les 3, quand ils me voient arriver, ils ne se méfient pas, ils pensent que ça va être plus facile ».

Erik Lehmann développe une théorie intéressante à propos de son joueur : « Je pense qu’il faut mettre de côté la taille. Ce qui compte aujourd’hui, ce sont les qualités athlétiques et le mental. En théorie, Jordan n’était-il pas un peu petit pour son poste ? Et Rodman, pour être le rebondeur exceptionnel qu’il fut ? Fred est plus un 3 qu’un 2. Il est encore plus petit pour ce poste, mais il compense par son physique, ses dons athlétiques, à un point où ça peut même devenir un avantage ».

Sur les premières semaines de compétition, Fred a franchi le mur du son. Il s’est retrouvé un moment à 15 points et plus de 6 rebonds de moyenne. Des stats qu’il ne pourra tenir sur la longueur, mais qui lui ouvrent, à 25 ans, des perspectives insoupçonnables. Jusqu’où ira-t-il ? « Pour moi, son niveau de manipulation est insuffisant » dit Lehmann. « Il ne peut pas suppléer le meneur et c’est pourquoi il est plus un 3 qu’un 2. Il ne peut pas monter la balle sous pression et installer le jeu. Fred me fait penser à Digbeu. Il doit rester trois ans ici et j’espère qu’il va bouffer de la manip’ tout l’été. J’ai le souvenir par exemple d’un Robert Smith qui dribblait partout, y compris à l’hôtel. La question que je me pose, c’est : va-t-il travailler les manques ? Veut-il aller au bout de lui-même ? Je ne le connais pas encore assez pour juger, mais déjà, je peux dire que j’aime travailler avec lui. J’aime le joueur athlétique, mais aussi le personnage ».

« Dans ma tête, c’est clair, je ne veux pas m’arrêter là. Je vais tout faire pour travailler, continuer à progresser. Je ne veux pas me fixer de bus, mais ce sera le plus haut possible » répond Fred. Les métamorphoses, lui, le fils de banlieue installé dans un appart’ lumineux de Besançon, ça ne lui fait pas peur. « Le style entre Levallois et Besançon, ça n’a rien à voir. Ici, c’est beaucoup de patience. Le jeu est plus structuré. Parfois, c’est clair, j’ai envie de prendre la balle et de partir dans un drive un peu fou. Je commence de temps en temps. Le coach, il gueule, alors j’arrête (il se marre). Mais bon, il faut passer par là. Dans le basket de haut niveau, chacun doit avoir son rôle ».

Depuis Tanoka Beard, Besançon n’avait jamais eu un joueur qui fasse autant parler du club. Lehamann verrait bien Fred N’Kembé comme franchise player. L’intéressé ne dit pas non, mais précise : « j’ai envie de jouer dans un club ambitieux, au plus haut niveau. Jouer le maintien, ça ne m’intéresse plus ! »

Article orinial en PDF : Fred Nkembe Maxi Basket N°194 en 1999

 

“Que deviens-tu Fred Nkembé ? »

Ancien espoir au Mans Sarthe Basket, Frédéric Nkembé  (1,90m, né en 1975) est aujourd’hui devenu kiné. En Pro A, il fut meilleur marqueur français en 2004 et deux fois All-star. Lire la suite »

U16 féminine: 19 joueuses pour un premier rassemblement

Dix-neuf joueuses U19 ont été sélectionnées par le coach Arnaud Guppillotte pour un stage à Limoges du 10 au 13 avril. À l’issue de ce celui-ci, 17 joueuses seront retenues afin de participer au tournoi international du Poinçonnet avec la République Tchèque et l’Espagne comme adversaires.

Ce tournoi est préparatif à l’Euro U16 féminin qui se tiendra à Bourges du 4 au 12 août.

Nom Prénom Naissance Taille
Club
Benedetti Astrid 04/06/2001 1.69 Bourges
Benharouga Sophie 20/03/2001 1.83 FC Lyon
Bourhani-Ganguia Dounya 21/02/2001 1.65 Lattes Montpellier
Chery Kendra 16/07/2001 1.88 CFBB/Villeneuve d’Ascq
Djoumoi Fayzat 27/04/2001 1.84 CFBB/Tarbes
Enjolvy Yvanna 27/10/2001 1.66 Bourges
Ewodo Yohana 21/02/2001 1.83 Lattes Montpellier
Famibelle Laetitia 07/07/2001 1.85 Bourges
Fauthoux Marine 23/01/2001 1.75 CFBB/Pau
Guennoc Ewl 15/05/2001 1.71 Mondeville
Hamaoui Jade 13/01/2001 1.77 Bourges
Hoard Anaia 22/01/2001 1.81 CFBB/Lattes Montpellier
Marquet Mila 28/11/2001 1.89 Basket Landes
Montabord Stecy 11/05/2001 2.00 CFBB/Le Chesnay Versa.
Robin Océane 22/02/2001 1.76 Mondeville
Rupert Iliana 12/07/2001 1.93 CFBB/Coulaines
Salaun Janelle 05/09/2001 1.86 CFBB/Reims
Sow Coumba 26/08/2001 1.92 Villeneuve d’Ascq
Wembanyama Eve 10/12/2001 1.83 FC Lyon

Photo: FIBA Europe